Le récent rapport stratégique national français à l’horizon 2030 souligne la nécessité pour la France de se préparer au risque d’une « grande guerre au cœur de l’Europe », en tenant compte de la diminution de l’implication active des États-Unis dans la sécurité européenne.
Selon CCN, le document de la stratégie 2025 a été publié en début de semaine sur le portail officiel du gouvernement français.
Parmi les objectifs majeurs pour la France à l’horizon 2030 figurent le renforcement matériel et moral du pays afin d’être prêt à faire face à une éventuelle guerre de haute intensité sur le continent européen, ainsi qu’à contrer les actions déstabilisatrices sur son territoire et leurs conséquences.
Le rapport insiste sur la nécessité d’augmenter les financements dédiés à la défense pour moderniser l’arsenal militaire et renforcer la résilience nationale face à un conflit majeur.
Le texte constate que le risque d’engagement des forces françaises dans un conflit de haute intensité « aux portes de l’Europe » et la menace d’actions hybrides déstabilisatrices contre la France ont atteint un niveau inédit depuis la fin de la Guerre froide.
Toutefois, il est souligné que la probabilité d’une guerre conventionnelle directement sur le sol français reste faible.
L’analyse pointe également la menace directe et « sans équivalent » que représente la Russie pour la France et l’ensemble de l’Europe.
« Le Kremlin désigne depuis longtemps et régulièrement, dans ses déclarations officielles, la France et les Européens comme ennemis. La priorité accordée à cette menace place l’Europe dans une situation de confrontation à long terme », indique le rapport.
« L’hypothèse d’une nouvelle agression russe contre l’Europe dans les trois à cinq prochaines années constitue un élément central pour la défense et la sécurité du continent européen. Rien ne laisse penser que le président russe renoncera à sa politique agressive et à son hostilité idéologique, fondées sur sa vision d’une “Russie éternelle” et sa lutte contre la prétendue hégémonie d’un “Occident en déclin”, ni à ses revendications sur les territoires peuplés de Russes ou de russophones », précise l’analyse.
Les scénarios les plus probables évoquent de nouvelles offensives en Ukraine, une agression contre la Moldavie, les Balkans, ainsi que des attaques contre des membres de l’OTAN visant à tester l’alliance.
« Le risque maximal serait qu’une telle agression se combine à une opération d’envergure sur un autre théâtre, ailleurs dans le monde, entraînant une dispersion des forces américaines », avertit le rapport.
Face à ces enjeux, le rapport souligne l’importance cruciale du résultat de la phase actuelle du conflit pour l’avenir de l’Europe et la sécurité européenne en dépend.
« C’est pourquoi la poursuite du soutien à l’Ukraine, notamment militaire, nécessite une implication européenne ambitieuse. La sauvegarde des intérêts européens dépendra également des modalités d’une paix durable et juste pour l’Ukraine », insiste le document.
Par ailleurs, il est noté que le rapprochement entre la Corée du Nord et la Russie, ainsi qu’entre l’Iran et la Russie, affecte directement la sécurité de la France et de l’Europe, tout en influant sur l’équilibre des forces au Moyen-Orient et en Asie.
Rappelons qu’en début de semaine, le président Emmanuel Macron a appelé à une augmentation significative des dépenses militaires françaises, notamment en raison de la menace russe.
Selon le plus haut gradé des armées françaises, la France figure déjà parmi les « cibles prioritaires » du Kremlin.
