L’accord-cadre commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, officialisé le 27 juillet à Thornbury, en Écosse, continue de faire réagir à travers les capitales européennes. L’entente prévoit une stabilisation des droits de douane à 15 % sur la majorité des importations européennes vers les États-Unis, rapporte CCN.
À Berlin, le chancelier Friedrich Merz s’est félicité de l’accord, qu’il considère comme un rempart contre une guerre commerciale.
« Nous avons su défendre nos intérêts fondamentaux. Des relations commerciales stables, prévisibles et avec un accès au marché sont bénéfiques pour les deux rives de l’Atlantique », a-t-il écrit sur le réseau X. Une position largement partagée en Allemagne, dont l’économie est fortement tournée vers l’export.
À Paris, le ton est plus réservé.
Le ministre chargé des Affaires européennes, Benjamin Haddad, a salué une stabilité temporaire pour les acteurs économiques menacés par les hausses tarifaires américaines, mais a jugé l’accord déséquilibré.
« Cet accord, négocié entre la Commission européenne et les États-Unis, apporte un répit mais ne répond pas de manière équitable aux intérêts européens », a-t-il déclaré.
La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a pour sa part salué le principe d’un accord, tout en demandant plus de transparence sur son contenu. Dans un communiqué publié ultérieurement avec ses vice-premiers ministres, elle a confirmé le soutien de l’Italie à l’accord, tout en appelant Bruxelles à accompagner les secteurs italiens susceptibles d’être pénalisés par les nouveaux tarifs.
Du côté de Dublin, le Premier ministre Micheál Martin a qualifié l’accord de « bonne nouvelle pour les entreprises, les consommateurs et les investisseurs », tout en soulignant que l’augmentation des droits de douane compliquera les échanges commerciaux avec les États-Unis.
Pour rappel, les discussions entre Bruxelles et Washington se sont déroulées dans un contexte tendu, alors que l’administration Trump menaçait d’appliquer dès le 1er août des droits de douane de 30 % sur les importations européennes. L’Union européenne espérait de son côté conserver une moyenne tarifaire autour de 10 %. En cas d’échec, un plan de représailles de 93 milliards d’euros sur des produits américains était prêt à être déployé.
