Les dirigeants européens envisagent la possibilité d’établir une zone tampon de 40 kilomètres entre les forces ukrainiennes et russes dans le cadre d’un futur accord de paix.
C’est ce qu’a rapporté Politico, citant cinq diplomates européens, selon CCN.
D’après les cinq sources de l’hebdomadaire, cette proposition figure parmi plusieurs scénarios de règlement post-conflit actuellement examinés par des responsables civils et militaires.
Les responsables n’ont pas de position commune sur la profondeur exacte de cette zone, et il n’est pas clair si Kiev accepterait un tel plan, qui impliquerait probablement des concessions territoriales. Les États-Unis, semble-t-il, ne participent pas à ces discussions sur la zone tampon.
Les diplomates européens évitent les comparaisons avec la frontière lourdement militarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud – techniquement toujours en guerre – et se réfèrent plutôt à la division de l’Allemagne durant la guerre froide.
Le nombre de soldats nécessaires pour surveiller cette frontière reste également incertain. Les chiffres évoqués varient de 4 000 à près de 60 000 militaires. Mais pour l’heure, aucun pays n’a pris d’engagement concret, et le président américain Donald Trump a écarté l’idée d’une participation de forces américaines.
Selon deux diplomates, toute force de maintien de la paix aurait une double mission : patrouiller à proximité de la zone démilitarisée et, parallèlement, former les militaires ukrainiens.
Les alliés se gardent de toute promesse publique concernant l’envoi de troupes, dans l’attente de précisions essentielles, a indiqué un responsable européen. Parmi les questions en suspens : les règles d’engagement des soldats de l’OTAN en première ligne, la réaction à une éventuelle escalade russe, et la possibilité de faire appel à des pays tiers pour patrouiller la zone si le Kremlin s’oppose à la présence de forces de l’Alliance.
« Tout le monde essaie de conclure rapidement des garanties de sécurité, afin que Trump ne revienne pas sur sa volonté de faire pression sur Poutine pour parvenir à un règlement négocié », a déclaré un responsable européen.
La proposition de zone tampon n’a pas été discutée lors de la vidéoconférence des ministres de la Défense de l’OTAN qui s’est tenue lundi, a précisé un diplomate européen.
Des diplomates ont ajouté que les troupes françaises et britanniques devraient constituer le noyau du contingent militaire étranger, Paris et Londres exhortant leurs alliés à contribuer à l’effort en ressources.
Auparavant, le Financial Times avait rapporté que les partenaires occidentaux de l’Ukraine avaient élaboré un plan préliminaire visant à instaurer une zone démilitarisée, qui serait probablement surveillée par des forces de maintien de la paix neutres issues d’un pays tiers.
Entre-temps, la Russie a rejeté l’idée d’une présence de troupes européennes en Ukraine, ainsi que de toute force issue d’un pays membre de l’OTAN – une position qui contredit l’affirmation du président américain Donald Trump selon laquelle Vladimir Poutine accepterait leur présence dans le cadre d’un accord de paix.
