Les autorités françaises ont exprimé leur vive indignation après l’annonce d’accusations particulièrement graves portées par l’Iran contre deux citoyens français détenus depuis trois ans. Selon les médias BFMTV et CCN, Téhéran reproche à Cécile Kohler et Jacques Paris des faits d’« espionnage au profit du Mossad » et de « complot visant à renverser le régime », des chefs d’accusation passibles de la peine de mort en Iran.
Jusqu’à présent, il n’avait pas été précisé pour le compte de quel État ces ressortissants étaient accusés d’espionnage. L’annonce officielle de leur prétendu lien avec les services israéliens a provoqué une réaction immédiate et virulente de la part de Paris.
Le président Emmanuel Macron a condamné ces accusations, les qualifiant de « provocation » et de « choix agressif inacceptable » de la part des autorités iraniennes. Il a averti que la France envisagerait des mesures de rétorsion si ces accusations n’étaient pas levées.
Le Premier ministre François Bayrou a également fustigé cette décision, qu’il a qualifiée de « folie pure ». « Il s’agit de deux enseignants partis en voyage, soucieux du sort des personnes s’exprimant en faveur des droits des femmes. Les accuser d’espionnage pour le compte d’Israël est absolument insensé », s’est-il indigné.
Face à cette situation, la France a saisi en mai 2025 la Cour internationale de Justice (CIJ) pour dénoncer la détention arbitraire de Cécile Kohler et Jacques Paris.
Le précédent diplomatique reste récent : en décembre dernier, la journaliste italienne Cecilia Sala avait été arrêtée en Iran lors d’un reportage. Elle avait pu regagner son pays dès janvier, à la faveur d’intenses tractations diplomatiques.
L’affaire Kohler-Paris, en revanche, symbolise un climat de plus en plus tendu entre Téhéran et plusieurs capitales européennes, et soulève des inquiétudes croissantes sur l’instrumentalisation des ressortissants étrangers à des fins politiques ou diplomatiques.
