Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron se sont accordés mercredi 23 juillet pour tenter de résoudre d’ici fin août les différends persistants autour du programme de développement du chasseur de nouvelle génération FCAS (Future Combat Air System).
C’est ce qu’a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand, cité par Reuters, rapporte CCN.
Les deux dirigeants se sont rencontrés lors d’un dîner en banlieue de Berlin pour discuter de ce projet d’envergure, dont le coût est estimé à plus de 100 milliards d’euros, mais qui accumule retards et tensions, notamment autour du partage des tâches industrielles et des droits de propriété intellectuelle.
« Les ministres de la Défense ont reçu pour mission d’évaluer, d’ici fin août, les perspectives réalistes de poursuite de la coopération au sein du consortium FCAS, et de soumettre des propositions pour résoudre les différends actuels », a déclaré le porte-parole allemand.
Une source issue du secteur de la défense a confié à l’agence que la France aurait fait savoir à l’Allemagne qu’elle souhaite obtenir environ 80 % des parts dans le projet.
Le représentant du gouvernement allemand a ajouté que les discussions entre Macron et Merz avaient également porté sur la politique spatiale européenne, la situation en Ukraine, le Proche-Orient, ainsi que les négociations commerciales avec les États-Unis.
Pour rappel, un accord avait été conclu en 2022 sur le lancement de la nouvelle phase de développement du FCAS, considéré comme le plus grand projet de défense en Europe, avec un budget prévisionnel dépassant les 100 milliards d’euros.
Comme le rapportaient plusieurs médias, l’Allemagne s’oppose fermement à la demande française de contrôler 80 % du programme. Le différend est devenu public le mois dernier lors du Salon du Bourget, où le patron d’Airbus Defense and Space, Michael Schoellhorn, s’était dit préoccupé par les tentatives françaises de remettre en cause les accords soigneusement élaborés entre les partenaires du projet.
Lors du même événement, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, avait réaffirmé les ambitions de son entreprise de jouer un rôle de leader, laissant entendre que la France pourrait poursuivre seule le développement du projet en cas de désaccord persistant.
