Dans un contexte de tensions commerciales croissantes, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a révélé que, si les négociations commerciales avec les États-Unis venaient à échouer et que les surtaxes américaines de 30 % sur les importations européennes entraient en vigueur, l’Union européenne appliquerait en retour des droits de douane sur les produits américains à hauteur de 21 milliards d’euros. Cette déclaration a été faite lors d’un entretien accordé au journal Il Messaggero, rapporté par CCN.
Interrogé sur les conséquences d’un éventuel échec des négociations avant le 1er août – date à laquelle Donald Trump a annoncé la mise en place de ces droits de douane –, Antonio Tajani a précisé : « Une liste de surtaxes européennes d’un montant de 21 milliards d’euros est déjà prête, et un second volet pourrait suivre. Mais je reste convaincu qu’un progrès sera accompli. Les tarifs douaniers nuisent à tous. Si les marchés boursiers s’effondrent, les économies et les retraites américaines seront menacées. »
Le chef de la diplomatie italienne a souligné son adhésion complète à la stratégie adoptée par la Commission européenne, qui privilégie la retenue avant d’évoquer des mesures de rétorsion, dans l’espoir que la voie diplomatique permette d’aboutir à un compromis.
« Nous devons mener ces négociations la tête haute, en comprenant qu’éviter une guerre commerciale est un intérêt commun. L’Europe a besoin des États-Unis, et inversement… Notre objectif à long terme est la suppression totale des droits de douane et un marché ouvert entre le Canada, les États-Unis, le Mexique et l’Europe », a-t-il ajouté.
Selon Tajani, il existe des chances que l’Union européenne parvienne à un accord avec Washington sur le modèle britannique : un compromis politique d’abord, suivi par des négociations techniques sur les modalités.
Par ailleurs, le ministre a assuré que Rome déploierait tous ses efforts pour protéger les secteurs économiques clés pour l’Italie, notamment l’automobile, la pharmacie, la viticulture et l’agriculture dans son ensemble. « Nous veillerons à ce que toute mesure de rétorsion européenne ne porte pas préjudice à ces secteurs », a-t-il insisté.
Interrogé sur la possibilité de qualifier encore Donald Trump d’allié face à cette pression commerciale, Antonio Tajani a répondu sans détour : « Trump agit dans l’intérêt des États-Unis, et l’Europe doit protéger ses propres intérêts. Entretenir de bonnes relations ne signifie pas accepter automatiquement tout ce qui est proposé. »
Pour rappel, le 12 juillet dernier, le président américain a annoncé que, dès le 1er août, des droits de douane de 30 % seraient imposés sur les importations en provenance de l’Union européenne et du Mexique.
En réaction, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué que l’UE avait préparé des mesures de riposte, mais qu’elle privilégierait la négociation tant que la possibilité d’un accord demeure.
rudence stratégique adoptée par la Commission européenne, qui refuse de dévoiler ses mesures de rétorsion tant que la voie du dialogue n’est pas totalement épuisée. « Nous devons négocier la tête haute, en gardant à l’esprit que l’évitement d’un conflit commercial est dans l’intérêt de tous. L’Europe a besoin des États-Unis, tout comme eux ont besoin de nous », a-t-il insisté.
Le ministre italien a aussi esquissé une vision à plus long terme : la création d’un espace économique transatlantique plus intégré, fondé sur un libre-échange total entre le Canada, les États-Unis, le Mexique et l’Union européenne. Selon lui, un accord avec Washington reste possible sur le modèle britannique : une entente politique d’abord, suivie de discussions techniques pour en définir les modalités.
Sur le plan national, Tajani a assuré que Rome défendra les secteurs les plus sensibles de l’économie italienne, parmi lesquels l’automobile, la pharmacie, la viticulture et l’ensemble de l’agriculture. « Nous exigerons que toute réponse européenne préserve ces secteurs clés », a-t-il souligné.
Interrogé enfin sur la possibilité de considérer encore Donald Trump comme un allié face à de telles pressions, le ministre a répondu avec réalisme : « Trump agit dans l’intérêt des États-Unis, et l’Europe doit défendre les siens. Entretenir de bonnes relations ne signifie pas tout accepter sans conditions. »
Pour rappel, le 12 juillet, l’ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle de 2024 a annoncé l’imposition de droits de douane de 30 % sur les importations provenant de l’Union européenne et du Mexique, à compter du 1er août. En réponse, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé que l’UE disposait d’un arsenal de contre-mesures, qu’elle n’activera qu’en dernier recours.
