Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz signeront ce jeudi un nouveau traité bilatéral entre Londres et Berlin, comprenant notamment une clause d’assistance mutuelle en cas d’attaque armée.
C’est ce qu’a rapporté Bloomberg, cité par CCN.
Ce pacte trouve son origine dans une rencontre tenue à Berlin en août dernier entre Starmer et l’ex-chancelier social-démocrate Olaf Scholz. À cette occasion, le chef du gouvernement britannique avait évoqué « une relance des relations fondée sur un nouvel esprit de coopération ».
Friedrich Merz, figure de proue des conservateurs allemands, a exprimé ses regrets face au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, tout en promettant d’unir ses efforts à ceux de Starmer pour faire front commun face à des défis majeurs, tels que la guerre commerciale annoncée par Donald Trump ou encore le conflit en Ukraine.
Sa visite à Londres intervient une semaine seulement après celle du président Emmanuel Macron, qui a effectué le premier déplacement d’État français au Royaume-Uni depuis le Brexit, illustrant un net réchauffement des relations anglo-françaises.
Selon un haut responsable allemand, l’engagement de défense réciproque traduit à la fois la montée de l’agressivité de la Russie et les doutes croissants des Européens quant à la fiabilité des garanties de sécurité américaines dans l’éventualité d’un second mandat Trump.
Ce dispositif, a-t-il toutefois précisé, ne saurait se substituer au principe de défense collective inscrit dans le traité de l’OTAN.
L’enjeu sécuritaire est d’autant plus crucial pour l’Allemagne que le Royaume-Uni — aux côtés de la France — est l’une des deux puissances nucléaires européennes. L’Allemagne, pour sa part, ne dispose pas de son propre arsenal, mais bénéficie du « parapluie nucléaire » américain déployé sur le continent.
L’arme nucléaire, précise-t-on à Berlin, n’est pas explicitement mentionnée dans le texte du traité.
Selon un communiqué de Downing Street, les deux pays s’engageront également, d’ici dix ans, à concevoir conjointement un nouveau système de missiles de longue portée, baptisé Deep Precision Strike. D’une portée annoncée de plus de 2 000 kilomètres, ce programme vise à renforcer les capacités de défense européennes et britanniques tout en stimulant l’industrie via des investissements significatifs.
Le traité contiendra également des dispositions relatives au commerce, aux transports et à la lutte contre l’immigration clandestine, dans le cadre d’un effort global pour atténuer les effets négatifs du Brexit.
Il est notamment prévu que l’Allemagne s’engage à criminaliser toute assistance à l’immigration illégale vers le Royaume-Uni, avec un cadre législatif attendu d’ici la fin de l’année, selon les services de Keir Starmer.
Toujours selon des sources allemandes, Merz et Starmer devraient également discuter de l’état des négociations commerciales entre Bruxelles et Washington, dans la foulée du récent accord anglo-américain.
En marge de la signature de l’accord, Londres et Berlin annonceront par ailleurs plus de 200 millions de livres sterling (environ 268 millions de dollars) d’investissements bilatéraux, susceptibles de créer quelque 600 emplois.
D’après plusieurs médias, Friedrich Merz prévoit également une visite en Chine d’ici la fin de l’année, accompagné d’une importante délégation d’industriels allemands.
Enfin, à la fin du mois, le chancelier allemand et le président français Emmanuel Macron tenteront, lors d’une rencontre bilatérale à Berlin, de désamorcer les tensions franco-allemandes autour du programme de chasseurs de nouvelle génération.
