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Tensions avec Bruxelles : le parti au pouvoir en Géorgie dénonce une ingérence européenne dans la démocratie nationale

La Géorgie a vivement réagi à une déclaration commune signée par 17 ministres des Affaires étrangères de pays européens, ainsi que par le Haut Représentant de l’Union européenne, y voyant une attaque injustifiée contre la souveraineté démocratique du pays. Dans un communiqué au ton offensif, le Conseil politique du parti au pouvoir,

« Rêve géorgien », dénonce un nouvel épisode d’ingérence étrangère et rejette toute tentative européenne de « donner des leçons de démocratie » à Tbilissi.

Relayé par l’agence CCN, le texte considère cette prise de position européenne comme une « agression brutale et injuste contre le peuple géorgien et sa démocratie ». Le parti majoritaire accuse les signataires de véhiculer une « désinformation de style soviétique » et de formuler des accusations infondées. « Rêve géorgien » appelle les responsables européens à faire preuve de davantage de rigueur et de responsabilité dans leurs communications à l’avenir.

Selon les dirigeants géorgiens, cette « attaque coordonnée contre le peuple géorgien », qui aurait pris une nouvelle ampleur depuis le 26 octobre, serait motivée par le refus de la population de « remettre au pouvoir les agents du Deep State » — une allusion à l’opposition représentée par le Mouvement national uni —, formation politique historiquement soutenue, selon eux, par certains responsables européens ainsi que par d’anciens diplomates américains. Le parti au pouvoir reproche explicitement à l’ambassadeur de l’UE en Géorgie d’avoir appuyé cette mouvance.

« Personne ne peut remettre en cause la légitimité des élections législatives », insiste le communiqué, s’appuyant à la fois sur les constats de l’OSCE/BIDDH et sur la déclaration du secrétaire général de l’OSCE, affirmant que les élections de 2024 avaient « pleinement reflété la volonté du peuple géorgien ». Ce n’est donc pas la transparence du

scrutin que contesteraient les Européens, selon le pouvoir géorgien, mais bien « le résultat qui leur déplaît ».

Le ton du communiqué se durcit encore en affirmant que l’Union européenne traverserait une phase de « régression démocratique » et de « crise de valeurs profonde ». Le Conseil politique déplore ce qu’il qualifie d’« influence idéologique du Deep State » sur la plupart des États membres, évoquant l’immigration incontrôlée, la « propagande pseudo-libérale » ou encore le déclin des institutions religieuses et étatiques comme autant de symptômes d’un effondrement identitaire européen.

Parmi les griefs énumérés à l’encontre de l’UE : le refus de reconnaître la victoire de partis jugés indésirables, l’annulation d’élections, la persécution politique des opposants et la censure généralisée des médias. « Dans ce contexte, il n’est guère surprenant de voir surgir des résolutions absurdes du Parlement européen, des lettres désinformantes signées par dix-huit responsables européens, ou encore des sanctions et autres attaques contre le peuple géorgien », peut-on lire.

Le parti majoritaire conclut en affirmant qu’il n’entend renoncer ni à la défense de la souveraineté nationale, ni à celle de l’identité ou des intérêts du peuple géorgien : « Nous n’attaquons personne, mais nous ne céderons aucun compromis dans cette lutte. » Il se dit néanmoins prêt à coopérer avec tout pays désireux de construire une relation équitable avec la Géorgie, rappelant que « tout comme la Géorgie a besoin de l’Europe, l’Union européenne a, elle aussi, besoin de la Géorgie ».