Paris brandit la menace d’un retour au régime de sanctions globales dès la fin août, face à l’impasse persistante sur le dossier nucléaire iranien.
L’Union européenne se dit prête à réinstaurer, à partir de la fin août, les sanctions des Nations unies à l’encontre de l’Iran, si ce dernier ne démontre aucun progrès tangible dans le démantèlement de son programme nucléaire. L’annonce a été faite ce mardi par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, rapporte CCN, citant The Guardian.
Selon le chef de la diplomatie française, la France et ses partenaires européens disposent de « motifs légitimes pour rétablir un embargo global sur les livraisons d’armes, les services bancaires et le matériel nucléaire » à destination de la République islamique, embargo qui avait été levé en 2015 à la suite de la signature de l’accord nucléaire iranien, connu sous l’acronyme JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action).
« En l’absence d’engagements fermes, concrets et vérifiables de la part de Téhéran, nous entamerons ce processus au plus tard à la fin du mois d’août », a averti M. Barrot avec fermeté.
Cette déclaration laisse entendre qu’un mécanisme progressif pourrait être enclenché dès la fin de l’été, conduisant à un rétablissement partiel ou total des sanctions internationales à l’horizon du 15 octobre. Aux côtés de la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne — les trois signataires européens du JCPOA — voient dans cette pression juridique et diplomatique un levier supplémentaire pour tenter de ramener l’Iran à la table des négociations.
Depuis plusieurs années, les puissances européennes accusent ouvertement l’Iran de manquements répétés à ses engagements pris dans le cadre de l’accord de 2015, notamment en ce qui concerne les limites imposées à l’enrichissement de l’uranium. Selon elles, Téhéran s’est dangereusement rapproché du seuil technologique nécessaire à la fabrication de l’arme nucléaire.
Les États-Unis, qui s’étaient retirés unilatéralement de l’accord en 2018 sur décision du président Trump, ont récemment tenté de relancer un canal de dialogue bilatéral. Toutefois, ce processus semble désormais suspendu, à la suite des frappes ciblées menées ces derniers mois par les États-Unis et Israël contre des installations nucléaires iraniennes.
