Le chancelier allemand Friedrich Merz a averti lundi 8 septembre, lors d’un discours prononcé à Berlin, que l’Europe devait apprendre à tracer sa propre voie, indépendamment de Washington. Ses propos ont été relayés par Politico et cités par CCN.
Selon Merz, l’Europe doit se faire à l’idée que les relations transatlantiques évoluent profondément :
« Les États-Unis redéfinissent leurs intérêts – et ce n’est pas nouveau. Nous devons donc, en Europe, ajuster les nôtres, sans céder à une fausse nostalgie », a-t-il déclaré.
Le chancelier a toutefois insisté sur l’importance des États-Unis en tant que partenaire stratégique majeur. Mais il a ajouté que ce partenariat sera désormais « moins évident, davantage centré sur des dossiers précis et des intérêts concrets ».
Pour lui, la solidité de la relation euro-américaine dépendra désormais de « notre propre force en tant qu’Européens ». Dans cette perspective, Merz appelle l’Union européenne à renforcer ses capacités et à diversifier ses alliances : « Nous devons être plus actifs que jamais dans l’établissement de nouveaux partenariats à travers le monde, tout en consolidant ceux qui existent déjà. »
Cette mise en garde intervient alors que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a récemment prévenu les Européens de ne pas considérer comme acquise la présence militaire américaine sur le continent. Selon plusieurs médias, les alliés de l’OTAN ont entamé des réflexions discrètes sur la stratégie à adopter en cas de réduction des troupes américaines en Europe.
La Pologne, quant à elle, estime qu’elle serait la dernière concernée par un tel retrait. Le président Donald Trump a d’ailleurs assuré début septembre qu’il n’avait aucune intention de retirer les forces américaines stationnées sur le sol polonais.
